Nantes : Une cadre accuse le management de Nocibé

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Aux prud’hommes de Nantes, une ancienne responsable d’une parfumerie Nocibé demande à son ancien employeur cinquante mois de salaire. Elle estime que la pression subie l’a rendue malade.

Ce lundi 11 mars, l’avocate brandit au nez des juges des prud’hommes deux bracelets, un rose et un vert. « C’est la marque de management chez Nocibé, qui veut devenir leader dans son secteur », torpille Sandrine Paris-Fey. Le rose, c’était la couleur qu’une ancienne responsable d’un magasin Nocibé, tombée en dépression, portait quand les objectifs n’étaient pas atteints.

Avec le vert, tout allait bien ; les ventes étaient au beau fixe. Ainsi, les vendeuses de cette parfumerie de la région nantaise savaient à quoi s’en tenir. Attention, la couleur pouvait changer toutes les heures.

« Très classique »

« C’était une option offerte aux responsables des magasins », se défend l’avocate de l’enseigne, Charlotte Marchais. Elle soutient que le management pratiqué par Nocibé est tout à fait « classique » et, en tout cas, assurément pas responsable de la dégradation de l’état de santé de l’ex-cadre : « Le groupe a mis en place des procédures applicables partout. Et les objectifs étaient atteignables. Ce magasin-là était l’un des plus performants de l’Ouest. »

L’ancienne responsable, la cinquantaine passée, connaissait en effet très bien le métier. Elle tenait ce magasin depuis presque vingt ans. La parfumerie, anciennement Clin d’œil, comme une vingtaine d’autres, a été rachetée en 2015 par Nocibé, un gros groupe (4 000 salariés) aux méthodes de travail différentes. Problème d’adaptation ou management toxique ?

« Ma cliente partait au travail la boule au ventre et prenait des antidépresseurs », plaide l’avocate, qui décrit des journées chargées comme un 36 tonnes pour un salaire de 1 700 € net par mois. Avant l’ouverture, débriefing avec les vendeuses, rappel des résultats de la veille et de l’objectif du jour.

Au fil de la journée, noter, toutes les heures, le chiffre réalisé par les vendeuses ; rappeler, toutes les deux heures, le challenge à relever sur une gamme de produits ; gérer l’institut de beauté. Communiquer ces infos à la direction, ne pas oublier de prononcer la phrase type de bienvenue aux clients et faire le ménage, le soir, avant de partir.

« Burn-out Paradise »

Au niveau national, la CGT avait publié un tract cinglant en 2016 : « Bienvenue à burn-out Paradise ». Un rapport commandé par le CHSCT (le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) avait aussi pointé du doigt des risques psychosociaux dans l’entreprise.

Ce que ne manque pas de relever l’avocate. « Ma cliente a été en arrêt de travail en mars 2017, elle ne pouvait plus revenir au travail », tonne-t-elle. D’ailleurs, elle n’y est pas retournée. En janvier 2008, elle a été licenciée pour inaptitude, le médecin du travail n’ayant pas autorisé une reprise.

Elle demande aujourd’hui cinquante mois de salaire pour réparer son préjudice moral et financier. Décision des prud’hommes le 26 juin.

Source : www.ouest-france.fr - Publié le : 11/04/2019
"Celui qui n'a pas le courage de se rebeller n'a pas le droit de se lamenter". Ernesto Guevara dit "Le Che"

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Dernière modification le jeudi 07 Novembre 2019 à 17:30:11

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J'espère qu elle va avoir gain de cause et que cela fasse changer les choses à l'entreprise....courage à elle

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Qu'en est t'il de la décision des prud'hommes du 26 Juin ?
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NOCIBÉ DANS LES MÉDIAS.


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